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09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

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La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


Berlin réunifiée ou la victoire du rentier

Publié le 23 Septembre 2018, 16:40pm

D'abord "vitrine" du capitalisme durant la guerre froide,  auto-proclamée "îlot du monde libre" même,puis après la chute du mur de Berlin, ville pauvre  mais sexy.. selon la formule célèbre  du maire, Klaus Wowereit.

Aujourd'hui

La capitale allemande est désormais la ville où les loyers augmentent le plus vite au monde. 

Les autorités avaient tenté d'améliorer la situation en adoptant une politique anti-Airbnb très stricte, mais sans parvenir à la faire respecter, malgré l'appel aux dénonciations anonymes sur Internet. La mairie de Berlin s'est même résignée à l'assouplir en autorisant les locations de résidences principales, et même secondaires à certaines conditions.

La chute du Mur, a été un événement politique considérable, elle a été aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale.

Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas .

Dès le début de la guerre froide,l'Ouest lance un combat idéologique .

 La partie ouest de la ville, îlot du « Monde libre » (selon la terminologie occidentale) sera très vite promue comme vitrine du système capitaliste et fut donc, à ce titre, massivement subventionnée par le gouvernement de la RFA naissante, aides qui couvraient plus de la moitié du budget de Berlin-Ouest.
Les entrepreneurs reçurent des aides considérables comme la « prime Zitter », un prêt à 6 % garantis, qui était censé pallier le manque chronique de main-d’œuvre. Les salariés berlinois même étaient choyés : une prime spécifique (le Berlinzuschlag) leur était versée, récompensant leur fidélité à la ville.
Durant la guerre froide,l'Allemagne de l'Ouest , Berlin-Ouest en particulier,
avait artificiellement servi de vitrine du capitalisme.
De part sa situation insulaire Berlin Ouest n'était pas viable économiquement;l'état fédéral attribuait une aide financière très importante .5 milliards de dollars par an .Et 20 milliards de subvention au trafic aérien entre Berlin -Ouest et l'Allemagne fédérale ,Bonn prenant à sa charge 15% du billet d'avion entre Berlin et l'Allemagne occidentale .
Chaque personne qui travaillait à Berlin-Ouest touchait des subventions de l'état en plus de son salaire .
Les énormes subventions spécifiques à Berlin-Ouest attiraient aussi beaucoup les industriels, les usines comme BMW.

La RDA n'a donc vu le jour qu'après la fondation de la République fédérale d'Allemagne par les puissances occidentales en mai 1949. La RDA n'a pas été fondée pour diviser l'Allemagne. L'Allemagne était déjà divisée lors de la fondation de la RDA.

De plus,les Alliés créanciers font des concessions très importantes aux autorités et aux entreprises allemandes endettées qui vont bien au-delà d’une réduction de dette. :https://www.facebook.com/notes/09-novembre-1989le-jour-dapr%C3%A8sd%C3%A9fier-la-pens%C3%A9e-unique-et-oser-d%C3%A9plaire/comment-on-r%C3%A9gla-la-dette-allemande-en-1953/2166083023656226/

 

L'influence qu'exerce Berlin sur la jeunesse européenne entraîne  des répulsions au sein de la ville. Depuis quelques années, les protestations se multiplient du côté des riverains, à la fois contre les hordes de touristes et la gentrification de la ville.

À Kreuzberg, quartier pourtant réputé pour sa tolérance, les écologistes ont fait un carton avec un débat intitulé : "Au secours, les touristes viennent !" À Neukölln, des tags anti-hipsters fleurissent sur les boutiques branchées pour dénoncer des étrangers venus profiter durant quelques mois de la bohème berlinoise, avant de repartir sans avoir appris un seul mot d'allemand. 

Kennedy en visite officielle à Berlin en 1963
Kennedy en visite officielle à Berlin en 1963

"Ich bin ein Berliner", clamait fièrement Kennedy en 1963, depuis le balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg. Il semblerait qu'aujourd'hui les Berlinois de longue date soient de plus en plus agacés par ceux qui l'ont un peu trop pris au mot.

 Les grands projets de développement immobilier, après la chute du Mur, n'ont pas abouti. Le milieu nocturne du début des années 1990, très anarchique et dépendant des squats, a ainsi eu le temps de se professionnaliser, pour former une scène techno très indépendante et pas commerciale. Et puis il y a l'émergence des compagnies aériennes low cost. La jeunesse européenne a découvert qu'il était aussi peu coûteux de prendre un vol pour Berlin que de prendre un taxi à Paris ou à Londres. 

«La hausse des visiteurs venant de Londres, de New York et de San Francisco ne se traduit pas seulement par des essaims de non-germanophones alcoolisés dans les parcs de Berlin mais par l'avancée d'un capitalisme de masse globalisé à l'intérieur de la bulle anarcho-bohème de Berlin. Cela signifie des prix en hausse pour les habitants et par conséquent l'obligation de travailler plus et en fin de compte moins d'opportunité de faire la fête trois jours durant.»
Le blog américain Gawker s'est immédiatement rangé derrière son avis, titrant laconiquement: «Berlin est finie. Quelle est la prochaine?»

The New York Times, quant à lui, compare Berlin à Brooklyn. Selon le quotidien américain, la capitale allemande ne serait qu'une annexe de ce quartier ultra-gentrifié, prisée des fêtards new-yorkais frustrés, pour sa bière bon marché, ses clubbers sympa et la sécurité de ses rues.

La ville de Berlin pourrait interdire son marché immobilier aux étrangers. Son maire a confié récemment dans une interview qu’il «réfléchissait» à cette mesure, en vue d’endiguer la spéculation qui touche la capitale allemande.

Interrogé par un journal allemand, le maire de Berlin, Michael Müller, a déclaré que les étrangers pourraient être interdits d’accès à la propriété dans sa ville, à quelques exceptions près. L’édile confie être inspiré par l’exemple de la Nouvelle-Zélande, qui a récemment voté une loi en ce sens. «Nous y réfléchissons aussi», a-t-il annoncé au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Tout comme l’archipel du Pacifique Sud, la capitale allemande fait face à une flambée des prix de l’immobilier. Les investisseurs étrangers sont accusés, dans les deux cas, d’être en partie responsables de cette situation.

Le maire a demandé au sénat de Berlin - une autorité locale, à la différence du Bundestag - d’étudier une série de propositions afin de restreindre l’accès à la propriété. «Nous sommes en train de prendre une approche constructive et flexible», a confié Michael Müller, visiblement soucieux de rassurer les habitants de la ville. Plusieurs manifestions ont été organisées contre les prix du logement ces derniers mois. Depuis 2004, le montant moyen dépensé pour l’achat d’une résidence a grimpé de 120%, relève le cabinet Knight Frank. Quant aux loyers, bien qu’encadrés dans la capitale allemande, ceux-ci sont aussi en augmentation constante. Et l’impact est d’autant plus fort que près d’un Berlinois sur deux est locataire.

Ce phénomène de spéculation détonne avec l’image de Berlin, longtemps considérée comme une cité accueillante. Mais poussée par une importante croissance démographique - la ville pourrait abriter un demi-million d’habitants supplémentaires d’ici 2030 -, les logements commencent à se faire rares dans la capitale, causant une hausse logique des prix immobiliers. Une étude  estime qu’environ 310.000 habitations abordables manquent à l’appel à Berlin.

La capitale allemande est désormais la ville où les loyers augmentent le plus vite au monde.

«Les locataires ne sont pas des citrons!», proclamaient en 2018, les Berlinois, descendus dans la rue pour protester contre la flambée des prix de l'immobilier dans les grandes villes allemandes. Entre 10.000 et 25.000 personnes  manifestaient ainsi dans le centre de Berlin à l'appel de plus de 250 associations pour la «Résistance contre l'exclusion et la folie des loyers». Longtemps réputée pour offrir des logements à bas prix, Berlin est désormais la ville où ils augmentent le plus vite au monde, selon une étude menée par le cabinet de conseil britannique Knight Fox. Ils ont bondi de 20,5 % entre 2016 et 2017.
Depuis 2004, ils se sont même envolés de 120 %. Scandant «quand les loyers augmentent, nous appelons à l'expropriation!», les manifestants ont exigé une plus forte régulation d'un marché du logement qui «favorise la spéculation et empêche la construction de logements». Alors que les associations estiment que les appartements deviennent inaccessibles à beaucoup d'habitants, une étude publiée par la fondation allemande Hans-Böckler a révélé qu'il manque 1,9 million de logements abordables en Allemagne, dont 310.000 à Berlin.
Les autorités avaient tenté d'améliorer la situation en adoptant une politique anti-Airbnb très stricte, mais sans parvenir à la faire respecter, malgré l'appel aux dénonciations anonymes sur Internet. La mairie de Berlin s'est même résignée à l'assouplir en autorisant les locations de résidences principales, et même secondaires à certaines conditions.

Berlin-Est l'Alexanderplatz années 70 avant la "réunification"A se demander lequel des deux cotés était réellement l'îlot du monde libre.
Berlin-Est l'Alexanderplatz années 70 avant la "réunification".A se demander lequel des deux cotés était réellement l'îlot du monde libre.

Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables.

La chute du Mur a signé la victoire du rentier.

Notes:

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/edito-la-chute-du-mur-de-berlin-et-les-derapages-de-la-mondialisation_740753.html#xtor=AL-79-[article]

http://09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com/2018/08/le-monde-libre-n-est-plus.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/04/15/20002-20180415ARTFIG00148--berlin-les-habitants-manifestent-contre-les-loyers-trop-chers.php

https://immobilier.lefigaro.fr/article/le-maire-de-berlin-envisage-d-interdire-l-achat-immobilier-aux-etrangers_77448034-ab63-11e8-af73-6caf6029776e/

 

 

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