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09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

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La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


Seize millions de pauvres en 2016 : l’échec du « modèle allemand ».

Publié le 23 Juillet 2017, 05:14am

Berlin, les retraités du modèle allemand font les poubelles.
 
La barre record des seize millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté vient d’être franchie. Pauvreté, inégalités, bas salaires, services publiques atrophiés, de nombreux allemands sont obligés de cumuler deux emplois pour boucler leurs fins de mois.
Près de 20% de la population est pauvre.
En 2016, cela représentait 16 millions de personnes, ce qui correspond à 19,7% de la population:
 
Une réalité moins médiatisée , qui découle des mesures néolibérales brutales mises en place depuis Gerhard Schröder et poursuivies par Angela Merkel :
austérité généralisée, baisse des salaires, généralisation des mini-emplois, coupes budgétaires dans les services publiques, baisses des allocations chômage et des cotisations sociales, etc.
Toutes ces mesures furent mises en place en 1998 afin de favoriser la sacro-sainte « compétitivité » et les exportations, sur lesquelles est aujourd’hui basée l’économie allemande. Si les exportations augmentèrent significativement, force est de constater que cette « politique de l’offre » agressive se fit au détriment de la demande interne, mais aussi des classes moyennes et populaires, des salariés, des retraités, des collectivités et des infrastructures publiques. En effet, dans l’ensemble, les exportations ne bénéficient pas aux travailleurs allemands, mais aux détenteurs de capitaux, qui s’empressent de placer leurs bénéfices à l’étranger au lieu de les redistribuer dans les salaires ou les investir dans la recherche ou l’économie allemande.
 
«On observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté. La pauvreté est un problème bien de chez nous. L’Allemagne a clairement un problème croissant de distribution de la richesse »
en tant que leader économique et politique de l’UE, l’Allemagne d’Angela Merkel pèse de tout son poids dans les mesures d’austérité dictées par la troïka aux pays européens en difficulté, notamment à la Grèce : privatisations, baisses des salaires et des pensions, coupes dans le social, la santé et l’éducation, etc. Des mesures qui ont eu des conséquences dramatiques, faisant exploser la pauvreté (35% de la population), les suicides, le chômage, les maladies et…la dette, alors qu’elles étaient censé la réduire. Les grandes gagnantes de ces mesures sont les banques françaises et allemandes, qui ont « prêté » de l’argent à la Grèce et jouissent des intérêts très rentables de ces placements, appelés abusivement « aides » par les néolibéraux.
Toutes les mesures antisociales adoptées en Allemagne inspirent les dirigeants européens, qui s’empressent de faire de même pour paraitre « bon élève » aux yeux de l’Allemagne et de la Commission Européenne.
En 2007, le gouvernement d’Angela Merkel augmenta de trois points la TVA et porta l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. Matraquant généreusement les consommateurs allemands, les commerces de proximité, les classes populaires et les seniors. Les citoyens français ou belges reconnaitront sans mal ce type de mesure appliquée par mimétisme par leurs dirigeants politiques.
 
On assiste au final à une étonnante course à la régression sociale. Un jeu macabre dans lequel chaque pays joue à celui qui tirera le plus bas possible les salaires, les acquis sociaux et les dépenses publiques vitales, toujours au nom des intouchables : compétitivité et croissance. Mais qui gagne vraiment à ce petit jeu ? Certainement pas les salariés, ni les consommateurs, ni les commerçants, ni les précaires, ni les seniors, ni même la collectivité.
ce sont les dirigeants des grandes entreprises, les banques, les actionnaires de multinationales et les personnes les plus riches qui en profitent.
Jamais depuis la réunification allemande l’écart de revenu entre salariés et PDG n’a été aussi important. Jamais le nombre de millionnaires et milliardaires n’a été aussi grand. Jamais la finance n’a autant vampirisé la richesse produite par les salariés.
La fin de l'europe de Yalta a été menée là où les multinationales l’ont souhaité . Avec la chute du mur de Berlin , un crépuscule de l’Occident a commencé. A l’époque de l’Union soviétique, les dirigeants des pays occidentaux tâchaient de démontrer à ceux qui étaient de l’autre côté du rideau de fer que régnait une vraie démocratie dans leur pays. Avec la chute de l’URSS, ils n’avaient plus rien à prouver à personne. L’économie de marché s'impose en une pensée unique néo-libérale. La mondialisation n’est pas un concept sérieux. "Nous l’avons inventé pour faire accepter notre volonté d’exploiter les pays placés dans notre zone d’influence" a dit l’économiste américain J.K. Galbraith. Le prix Nobel d'Economie,“The Nobel Factor” créé il y a près d’un demi-siècle a été une machine de guerre visant à légitimer le tournant néolibéral des années 70 et 80,pour faciliter le remplacement du modèle social patiemment construit dans l'état des nations en europe,par celui de l’économie de marché débridée . Ce virage, porté par Margaret Thatcher et Ronald Reagan,soutenu en europe de l'Ouest par les dirigeants de l'époque , s’est appuyé sur une école de pensée : l’école de Chicago. Le pape de ce courant de pensée était l’économiste monétariste Milton Friedman (Nobel 1976). Ces économistes étaient convaincus que dans l’économie, l’Etat était le problème, jamais la solution.

Travailler pour un euro de l’heure ou pour un mini job de 450 euros par mois… Tel est le quotidien de 7 millions d’Allemands selon le ministère du Travail. Avec les réformes Hartz du chancelier Schröder en 2003, un second marché du travail s’est formé .

En Allemagne , sept millions de personnes ont un mini job. Ce sont des petits boulots, net d'impôt, payés au plus 450 euros par mois .

Le « modèle allemand » est souvent présenté comme un idéal à suivre : faible taux de chômage, exportations records, plus gros PIB européen…mais que cache vraiment ce « modèle » ? Selon une association allemande d’aide sociale, la barre record des douze millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté vient d’être franchie. Pauvreté, inégalités, bas salaires, services publiques atrophiés, de nombreux allemands sont obligés de cumuler deux emplois pour boucler leurs fins de mois.

Travail précaire

Les mini jobs sont partout à Berlin. Il aura suffi à l'équipe de France 3 de rentrer dans n'importe quel magasin pour en trouver à chaque fois. "On prend des étudiants et des mères de famille, quelques heures par mois", explique un responsable.

Les mini jobs concernent aussi les personnes âgées. "J'ai une petite retraite, j'ai donc pris un mini job de huit heures par semaine", rapporte une vendeuse. Si les mini jobs sont faciles à trouver, ils restent très précaires.

La précarité est d'ailleurs en pleine explosion en Allemagne. Un salarié sur cinq est un travailleur pauvre.

Le rapport de l’organisation d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband , la pauvreté a atteint un niveau historique en Allemagne. Le rapport indique qu’environ 16 millions de personnes étaient touchées par la pauvreté en 2016, . Les écarts de richesse entre riches et pauvres ont augmenté, les inégalités entre régions ont aussi explosé. Les personnes les plus exposées sont les mères célibataires : plus de 40 % d’entre elles ont basculé dans la pauvreté. Une autre catégorie est touchée de plein fouet : les retraités. Conséquence de la baisse du niveau des retraites en Allemagne, le nombre de pauvres dans ce groupe de la population a augmenté de 48 % depuis 2006.
 Si le taux de chômage baisse depuis des années, un fait largement médiatisé et montré comme exemplaire, la pauvreté, elle, se multiplie dans toute la population. Une réalité beaucoup moins médiatisée et pourtant très importante à connaitre, qui découle des mesures néolibérales brutales mises en place depuis Gerhard Schröder et poursuivies par Angela Merkel : austérité généralisée, baisse des salaires, généralisation des mini-emplois, coupes budgétaires dans les services publiques, baisses des allocations chômage et des cotisations sociales, etc.

Toutes ces mesures furent mises en place en 1998 afin de favoriser la sacro-sainte « compétitivité » et les exportations, sur lesquelles est aujourd’hui basée l’économie allemande. Si les exportations augmentèrent significativement, force est de constater que cette « politique de l’offre » agressive se fit au détriment de la demande interne, mais aussi des classes moyennes et populaires, des salariés, des retraités, des collectivités et des infrastructures publiques. En effet, dans l’ensemble, les exportations ne bénéficient pas aux travailleurs allemands, mais aux détenteurs de capitaux, qui s’empressent de placer leurs bénéfices à l’étranger au lieu de les redistribuer dans les salaires ou les investir dans la recherche ou l’économie allemande.

Résultat : depuis 2005, le nombre de personnes devenues pauvres en Allemagne est dix fois plus important qu’en France, pour un total de 20% de la population contre 17% en France, incluant les personnes « sous le seuil de risque de pauvreté » ou « en privation matérielle sévère » (chiffres Eurostats). « Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté. La pauvreté est un problème bien de chez nous. L’Allemagne a clairement un problème croissant de distribution de la richesse », estime Ulrich Schneider, directeur général deParitätischer Gesamtverband.

On peut affirmer que ce sont les dirigeants des grandes entreprises, les banques, les actionnaires de multinationales et les personnes les plus riches qui en profitent. Jamais depuis l’après-guerre l’écart de revenu entre salariés et PDG n’a été aussi important. Jamais le nombre de millionnaires et milliardaires n’a été aussi grand. Jamais la finance n’a autant vampirisé la richesse produite par les salariés .

 

"La France serait contente que quelqu'un force le Parlement, mais c'est difficile, c'est la démocratie", a déclaré  Wolfgang Schäuble en 2015 alors ministre des finances en Allemagne,après avoir évoqué les réformes selon lui "très réussies" menées en Espagne sous la supervision de la troïka.

"Si vous en parlez avec mes amis français, que ce soit (le ministre des Finances) Michel Sapin ou (de l'Economie) Emmanuel Macron, ils ont de longues histoires à raconter sur la difficulté à convaincre l'opinion publique et le Parlement de la nécessité de réformes du marché du travail", avait dit auparavant ce chantre de la discipline budgétaire.

La "troïka", terme tombé en disgrâce en raison du rejet par les Grecs de cette organisation, désigne un groupe de hauts fonctionnaires de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international, et de l'Union européenne, qui contrôle la mise en oeuvre de réformes dans les pays européens .

http://09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com/2018/04/la-fin-de-l-europe-de-yalta-a-ete-menee-la-ou-les-multinationales-l-ont-souhaite.html

Sur le même sujet:

http://www.europe1.fr/emissions/derriere-le-buzz/allemagne-la-presse-sous-le-choc-apres-la-supposee-censure-dun-rapport-sur-la-pauvrete-par-le-gouvernement-2927942

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