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09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

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La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


La réunification allemande est l'erreur du siècle .

Publié le 30 Juillet 2017, 16:38pm

L'unité allemande n'est pas le revers de l'unité européenne mais plutôt son antithèse. La réunification allemande n'est pas seulement une des causes profondes de la crise européenne, elle est  à l'origine de notre incapacité à en sortir.

 Cela tient à la nature même de l'UE. En tant que projet postnational celle-ci vise, par définition, à impuissanter les nations qui la composent sauf l'Allemagne.

Or en finir avec la nation, ce n'est pas, contrairement à ce que nous rabâchent les héritiers de Jean Monnet restés intellectuellement bloqués au milieu des années 1950, en finir avec «le nationalisme». Au contraire même. Nul n'est besoin d'être grand clerc pour s'apercevoir que l'Allemagne, la Finlande ou les Baltes sont en proie, à une crise de nationalisme aiguë .

Torpiller les nations c'est torpiller corrélativement la démocratie, puisque la première est le réceptacle de la seconde, le cadre dans lequel elle s'exerce. Il n'y a pas et il n'y aura jamais de reconquête démocratique tant que l'on persistera dans la voie supranationale. En revanche, il y aura du nationalisme. 

Dès lors que l'existence de l'euro ôte toute possibilité de conduire une politique monétaire propre, dès lors qu'elle prive les pays de leur autonomie budgétaire, il ne reste à ces derniers qu'un seul et unique instrument de politique économique: le coût du travail. Quand on n'a plus la monnaie, quand on n'a plus le budget, la seule liberté dont on dispose est celle de baisser les salaires. Sans fin.

L'observation de la répartition des pouvoirs au sein des institutions communautaires indiquait déjà l'hégémonie que l'Allemagne a acquise sur l'édifice européen .

Le basculement, orchestré par la République fédérale, du centre de gravité de l'Union vers le Nord et l'Est, est spectaculaire. L'Allemagne elle-même domine un certain nombre d'organismes. Par exemple, elle dispose de la présidence de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de la direction générale du Mécanisme européen de stabilité (MES). Elle domine surtout le Parlement européen: son Président, son directeur de cabinet et le secrétaire général sont allemands. 

Il défend bien plus les intérêts de son pays que ceux de l'institution qu'il dirige ou les principes de la social-démocratie à laquelle il appartient.

Concernant les autres institutions de l'Union, elles sont presque toutes dirigées par des représentants de la zone d'influence immédiate de l'Allemagne: le Polonais germanophone Donald Tusk est à la présidence du Conseil, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a été imposé par Angela Merkel à celle de la Commission. L'Eurogroupe, lui, est présidé par le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Ce dernier vient d'être reconduit dans ses fonctions pour le remercier d'avoir dûment tourmenté la Grèce pendant des semaines, et bien défendu les vues germaniques. 

Un euro austéritaire, donc, et une Allemagne surpuissante: telles sont donc les données de l'équation. Il ne manque qu'à faire le lien entre les deux et à montrer combien la monnaie unique a aidé l'Allemagne à asseoir son hégémonie sur l'Union.

Deux événements, tous deux survenus au début des années 1990, ont donné à ce pays le poids disproportionné qui est désormais le sien en Europe. Le premier fut la réunification, processus coûteux qui eut d'ailleurs la particularité d'être en partie payé par les voisins européens de l'Allemagne. Cette réunification eut pour effet de placer le pays au centre du continent et de lui redonner accès à ce que l'on appelle son hinterland, pour le plus grand bénéfice de sa compétitivité, de son industrie exportatrice et de sa balance commerciale.

Le second événement intervint à l'instigation de la France pour tenter d'atténuer les conséquences du premier mais... il eut précisément l'effet inverse. Ce fut la mise place de l'euro, avec laquelle on croyait confisquer le Mark à l'Allemagne réunifiée, et l'enfermer dans une monnaie qu'elle ne pourrait contrôler. Hélas, en lieu et place du containment espéré, on fournit à notre grand voisin une arme qu'il utilise désormais pour dompter tous les autres.

Dès le début, l'euro fut une monnaie allemande. Un Mark rebaptisé en somme. 

on échoua platement à confisquer le Deutschemark. Au contraire et dès le début, l'euro fut une monnaie allemande. Un Mark rebaptisé en somme. C'était la condition pour que la République fédérale acceptât d'y participer. Encore fallait-il que l'euro fût, ainsi qu'on vient de le dire, une monnaie forte et stable, une monnaie de vieux épargnants soucieux de préserver leur capital-retraite. En réalité, les principes fondateurs de l'euro sont précisément ceux qui permettent la meilleure prise en compte du grand problème allemand: le problème démographique. On n'imagine pas à quel point les choix économiques de ce pays - qu'il impose à tous ceux qui partagent la même devise - sont déterminés par les contraintes nées de la dépopulation. L'obsession pour le désendettement? C'est pour s'assurer que l'épargne investie dans les dettes publiques ne soit jamais amputée par un défaut. L'obsession pour la rigueur budgétaire? C'est pour garantir que la dette demeure soutenable même si la population active décroît. L'utilisation par l'Allemagne de l'euro pour engranger des excédents commerciaux gigantesques au détriment de ses partenaires? C'est de la thésaurisation pour payer les retraites allemandes de demain. Et tout à l'avenant.

 Une conception si profondément orthodoxe de la politique monétaire ne peut évidemment convenir à tous les pays. Faute de transferts budgétaires massifs d'un pays à l'autre, la divergence des économies est appelé à croître. Ainsi, si l'on demeure en régime de monnaie unique, l'Allemagne sera-t-elle toujours plus excédentaire .

 Le nœud du problème: même en mettant toute l'Europe, de gré ou de force, au diapason austéritaire et ordolibéral, même en faisant de la monnaie unique un outil d'oppression, même en tâchant de bâtir autour d'elle une «eurozone disciplinaire», l'Allemagne ne pourra plus ménager très longtemps la chèvre et le chou. Elle ne pourra plus conserver longtemps le privilège d'un euro taillé pour elle .

Pour l'instant et contrairement à une légende bien ancrée, son appartenance à l'euro presque rien coûté à Berlin. 

En tout état de cause, il ne sert pas à grand chose d'attendre benoîtement que l'Allemagne se montre «plus solidaire». Ou d'implorer, du velours plein la voix, qu'elle remise son «égoïsme national». Elle n'en fera rien.

 

 

L'Allemagne est en train de se constituer en état souverain dans l'Europe "Impostures politiques". Livre de Marie France GARAUD (Auteur) Comment en sommes-nous arrivés là ? Nos gouvernants occupent le pouvoir mais ne l'exercent pas. Nul n'en doute, d'ailleurs, hors d'une classe politique absorbée par ses concurrences internes alors que l'Etat fait naufrage, impuissant à agir, discrédité par les scandales de tous ordres, réduit au simulacre de son ancienne grandeur. Nous glissons de l'Etat à la société, de la souveraineté à l'identité et du gouvernement à la gestion, refusant de comprendre ce que ce dérapage comporte d'imposture, révèle d'inconsistance et engendre de dangers. Depuis la chute du Mur de Berlin , le monde bouge partout autour de nous et ses bouleversements nous heurtent de plein fouet. Oui, la déglaciation du monde communiste a transformé tous les rapports de force. Oui, la Chine restaure son empire. Non, l'Europe n'est plus le centre du monde qu'elle fut pendant des siècles. Oui, l'Allemagne y prend la main et ce n'est pas d'hier.L'ampleur de ces mutations devrait conduire ceux qui prétendent gouverner à un formidable effort de courage et de lucidité. Chacun constate que ce n'est pas le cas. Cultiver la rage ou la nostalgie ne servirait à rien. Le plus urgent serait de simplement poser les problèmes...

La réunification précipitée de l'Allemagne a coûté près de 2 000 milliards d'euros de transferts sociaux. C'est le plus bel exemple de mauvaise gestion économique au monde. Un record sur le point d’être battu par le désastre européen.

En tant que projet postnational, l'UE vise, par définition, à rendre impuissantes les nations qui la composent.

 

l'Euro c'est un deutschemark, pour des états qui correspondent à l'espace historique de la Germanie. Marie-France Garaud présidente de l'Institut international de géopolitique.

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