Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


L'avenir de l'Europe et celui de la France.Le jugement de l'Histoire, peut être assez dur sur les capitulations.

Publié le 30 Juillet 2017, 20:34pm

C'est en Allemagne et non à Bruxelles qu'on se rend pour défendre les choix économiques français, pour obtenir des indulgences sur le projet de budget français bref, pour faire allégeance.

Les responsables politiques français, se montrent sans cesse plus empressés d'avaliser cet état des choses, enfermant l'Hexagone dans le rôle humiliant de «poltron décisif» (Lordon) ou de de «poule mouillée de l'Allemagne» (Steve Ohana). C'est en Allemagne - et non à Bruxelles - qu'on se rend pour défendre les choix économiques français, pour obtenir des indulgences sur le projet de budget français bref, pour faire allégeance.

Les «partenaires» persistent dans une rigueur mimétique qui en dit long sur l'ascendant psychologique exercé par Berlin et sur la servilité du reste de l'Europe. Par ailleurs, non contents de singer benoitement le grand voisin, nombre de pays européens consentent également à payer l'impôt habituellement prélevé par les empires sur leurs populations pacifiées. Ils le payent en argent: il n'y a qu'à voir les excédents commerciaux engrangés par Berlin sur ses voisins pour s'en convaincre. Et ils le payent en hommes. Car l'Allemagne, qui s'était déjà spécialisé dans l'usage à son profit de la main d'œuvre à bas coûts des pays de son hinterland d'Europe de l'Est, importe également, désormais, des travailleurs d'Europe du Sud.

 L'entrelacs d'institutions techniques que constitue l'Union européenne,  a offert à l'Allemagne un redoutable accélérateur de puissance. Au gré des différentes étapes que constituèrent la réunification, la création de la monnaie unique puis la crise de l'eurozone, la République fédérale a lentement étendu son pouvoir sur l'Europe institutionnelle, au cours d'un processus où l'on peine à faire la part des choix volontaires et du simple enchaînement déterministe des causes et des effets.  

Quoiqu'il en soit, au terme de ce que Tony Corn, un rien provocateur, appelle un «Anschluss aimable et doux» les intérêts de l'Union européenne et ceux de l'Allemagne se trouvent désormais superposés. Ce pays domine d'une tête le Parlement européen dont le Président, son directeur de cabinet et le secrétaire général sont allemands. Tout comme le président de la Banque européenne d'investissement (BEI) et le directeur général du Mécanisme européen sont allemands (MES). Ailleurs, ce sont des représentants de la zone d'influence immédiate de l'Allemagne qui ont été imposés par Angela Merkel: le polonais germanophone Donald Tusk à la présidence du Conseil et le luxembourgeoisJean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. La France, elle, a dû se contorsionner pour réussir à fourguer Pierre Moscovici à la Commission. Encore est-il flanqué de deux supérieurs hiérarchiques respectivement originaires d'Europe de l'Est (Vladis Dombrovskis, Lettonie) ou du Nord (Jyrki Katainen, Finlande)….

Economie de restrictions tous azimuts qui semble partie pour engendrer une longue et sévère période déflationniste, crise politique profonde liée à l'enserrement des souverainetés nationales dans un écheveau institutionnel sur lequel l'Etat le plus puissant a réalisé une OPA, l'Union européenne s'est muée en véritable trou noir économique et démocratique. Il ne lui reste plus, pour parfaire le tableau, qu'à devenir un trou noir géopolitique.

Ce funeste défi, elle semble en passe de relever en se brouillant avec de larges parties du monde. C'est déjà le cas à l'Est: la gestion erratique des relations avec la Russie contribue déjà à convaincre ce pays, déjà bien installé dans des cénacles tels que l'Organisation de coopération de Shanghai ou l'Apec, que sa vocation est asiatique plus qu'Européenne. Et cela se fera d'autant plus facilement que le dynamisme de l'Asie est autrement plus engageant que la progressive fossilisation de l'Europe. Mais ce pourrait finir par être également le cas à l'Ouest. Car les Etats-Unis, qui ont renoué avec la croissance, ne peuvent manquer de pâtir, à terme de la stagnation européenne. Les Américains ont d'ailleurs été les premiers à s'alarmer, dès 2013, des excédents commerciaux allemands. Ils n'ont de cesse, depuis, de demander à la République fédérale de relancer sa demande intérieure. En vain.

Les responsables politiques français, eux, se montrent sans cesse plus empressés d'avaliser cet état des choses, enfermant l'Hexagone dans le rôle humiliant de «poltron décisif» (Lordon) ou de de «poule mouillée de l'Allemagne» (Steve Ohana). C'est en Allemagne - et non à Bruxelles - qu'on se rend pour défendre les choix économiques français, pour obtenir des indulgences sur le projet de budget français bref, pour faire allégeance. Le très europhile Jean Quatremer s'en désole en ces termes: «en ignorant Bruxelles, Paris reconnaît tout simplement que la réalité du pouvoir est désormais à Berlin. Une étrange capitulation qui n'est pas sans risque pour l'avenir de l'Europe».

Le président Macron a promis à la chancelière Merkel de rester en dessous du plafond de 3 % de déficit budgétaire et d'appliquer les mesures d'austérité conformes aux grandes orientations de politique européenne (GOPE)

Pour l'avenir de l'Europe et…. pour celui de la France. Car le jugement de l'Histoire, on l'a parfois vu, peut-être assez dur sur les capitulations.

Extrait de :

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/12/03/31002-20141203ARTFIG00341-comment-l-europe-devient-un-nouvel-empire-allemand.php

A découvrir sur le même sujet:
La réunification allemande est l'erreur du siècle .

http://09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com/2017/07/la-reunification-allemande-est-l-erreur-du-siecle.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

http://09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com/2017/07/la-reunification-allemande-est-l-erreur-du-siecle.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents