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09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

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La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


Au temps des désillusions ,un asservissement de l'individu .

Publié le 17 Juillet 2017, 17:20pm

Les médias ont déjà dénoncé des conditions de travail peu reluisantes des chauffeurs d'Uber ou des startups de livraison à domicile, qui « disruptent » un secteur en instaurant une nouvelle forme de précarité. Mais pour Mathilde Ramadier, 29 ans, diplômée en communication et en philosophie, ce phénomène touche l'ensemble des startups et incarne plutôt le « capitalisme sauvage » de la révolution numérique.

Mathilde Ramadier, Valentinoise de 29 ans, a travaillé pendant quatre ans dans une douzaine de startups à Berlin. Elle raconte cet « enfer » dans un livre et espère que son témoignage va délier les langues.

Expatriée à Berlin en 2011, la jeune auteure originaire de Valence a besoin de jobs d'appoint pour vivre et lui permettre de travailler sur ses projets artistiques. Elle se tourne alors vers les startups, qui dégagent une aura « cool » et « moderne », et font rêver de nombreux jeunes en quête de sens dans leur travail. Pendant quatre ans, elle multipliera les petits contrats dans une douzaine de pépites allemandes ou de filiales de startups américaines. Autant de désillusions, décrites dans le détail dans un livre au vitriol.

Novlangue abrutissante et salaires de misère

Pour Mathilde Ramadier, le « cool » tant vanté est un miroir aux alouettes. Le CDI ? Une illusion quand on n'est pas ingénieur, data scientist ou doté d'un profil technique que les startups s'arrachent. Engagée en tant que Content Manager (responsable des contenus), la jeune femme s'occupe de communication et de marketing et passe son temps à écrire ou à traduire des textes, jusqu'au bore-out (l'inverse du burn-out, ou quand l'ennui d'une tâche répétitive conduit à la dépression). Elle enchaîne les missions en tant qu'indépendante et les CDD souvent mal rémunérés (960 euros brut pour un quatre cinquième, par exemple). Son plus long contrat durera six mois.

Les expériences de la Française dépeignent un univers féroce, ultracompétitif, cynique et absurde. Dans le monde merveilleux des startups, les dirigeants abusent d'une « novlangue abrutissante », à coups d'intitulés de postes vides de sens (tout le monde est manager ou chief de quelque chose) et d'euphémismes comme le poste de « réparateur de bonheur » pour désigner le responsable du service client, ou celui d'office manager pour l'hôtesse d'accueil.

Selon Mathilde Ramadier, l'« idéologie startup », qui consiste à vouloir changer le monde grâce à la technologie, aboutit en réalité à la mise en place d'un « asservissement de l'individu »,rendu acceptable par un management prétendument moderne. Les bonbons et cafés à volonté, les afterworks entre collègues, les citations d'entrepreneurs célèbres punaisées sur les murs, le mythe de l'absence de hiérarchie (alors que tout est « fliqué »),créent selon elle un environnement infantilisant et très compétitif, où la vie privée est sacrifiée sur l'autel de la course à l'innovation, et où les employés les plus méritants, repérés par des logiciels de mesure de la performance, reçoivent des récompenses tandis que les autres sont réprimandés, culpabilisés, voire renvoyés sans ménagement.

Extrait de :

http://www.latribune.fr/technos-medias/start-up/sous-le-vernis-du-cool-l-univers-impitoyable-des-starups-672344.html

Mathilde Ramadier auteur du livre "Bienvenue dans le nouveau monde : comment j'ai survécu à la coolitude des startups"

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