Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

09novembre1989lejourdapres-net.over-blog.com

La chute du Mur de Berlin, a été un événement politique considérable, elle est aussi un bouleversement économique comme il ne s'en produit qu'un ou deux par siècles, comparable, dans son ampleur et ses conséquences, à une guerre mondiale. Du jour au lendemain ou presque, le "contre-capitalisme" est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Dès l'effondrement du rempart de béton de la RDA, c'est la ruée de l'Ouest : les entreprises multinationales occidentales se précipitent sur les nouveaux territoires conquis , pour y vendre leur produits, les fabriquer ou acheter des matières premières. Le marché et la "démocratie" annexent l'Est d'un même pas . Le rapport de force entre le capital et le travail s'inverse. Avant novembre 1989, les travailleurs profitaient indirectement de la crainte du communisme - pour limiter les risques de révolution, les entreprises et les Etats consentaient des augmentations de salaires régulières et des droits sociaux étendus. Tout d'un coup, cette crainte disparaît. Pire, les non qualifiés occidentaux sont mis en concurrence avec les non qualifiés slovaques ou chinois, cinquante fois moins bien payés. Et c'est au contraire le détenteur de capital qui profite d'un monde ouvert, dans lequel il peut faire circuler son argent comme bon lui semble pour profiter des opportunités de rendement ou de taxation favorables. La chute du Mur a signé la victoire du rentier.


Réunification de l'Allemagne: triomphe de la démocratie ou véritable Anschluss?

Publié le 29 Juin 2017, 22:06pm

La chute du Mur de Berlin et la réunification de l'Allemagne est l'un des plus grands événements dans la construction de l'Europe contemporaine.

Toutefois, on oublie que même le dictateur Hitler qui avait annexé l'Autriche (Anschluss) en 1938, avait organisé un référendum (99,08%  avaient voté pour en Allemagne et 99,75% en Autriche). Alors que les politiciens démocrates d'Allemagne de l'Ouest ont oublié de demander leur avis aux Allemands quand la RDA et la RFA ont fusionné en 1990.

Le traité d'unification de l'Allemagne du 31 août 1990 a été ratifié par la Chambre du peuple de la RDA. Mais exprimait-elle à l'époque la volonté de tous les Allemands?

Laissons de côté le fait que les élections se soient déroulées à l'encontre de la législation de la RDA. Elles sont d'abord fixées en mai, mais à sept semaines de leur déroulement (28 janvier 1990) on change d'avis sous la pression de l'opposition et elles sont avancées au 18 mars 1990. Mais les Allemands ont, pour une raison qu'on ignore, oublié qu'un vote aussi fatidique devait avoir une base juridique minutieusement préparée – la législation électorale.

Les premières élections "démocratiques" se tiennent dans le contexte d'une discréditation sans précédent du successeur du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) – le Parti du socialisme démocratique (PDS). Néanmoins, il se place troisième avec 16,4% des voix.

Puis c'est au tour des sociaux-démocrates. Les sondages leur donnaient une victoire certaine mais, selon Washington, le parti était "coupable" d'être favorable au statut neutre de l'Allemagne – c'est-à-dire à sa sortie de l'Otan. Au final, à quelques jours des élections, la direction du parti a subi une puissante attaque médiatique et s'est vue accusée de liens avec la Stasi.

Résultat des courses, les partisans de l'euro-atlantisme – les chrétiens-démocrates – arrivent premiers avec 40,8% de votes. Les sociaux-démocrates d'Allemagne de l'Est ont tellement été discrédités qu'ils ont été contraints de soutenir l'adhésion de la RDA et de la RFA à l'Otan.

L'écrivain allemand Schneider a écrit un livre intitulé "Révolution avortée". Il dénonce les infractions des procédures électorales et l'ingérence directe du gouvernement de la RFA dans le déroulement du vote. Et les cas sont nombreux. L'URSS s'effondrait à l'époque et il était inutile de se gêner pour violer même ses propres règles. Tous les coups sont permis quand il s'agit du triomphe des "valeurs européennes".

Le règlement du problème de la RDA se distingue d'un autre cas de l'histoire européenne. Après la Première Guerre mondiale, la Sarre a été occupée pendant plusieurs années par les Français. Un État indépendant a été de facto créé sur son territoire – Saarland. Il a même participé aux JO sous son propre drapeau.

Les États-Unis et le Royaume-Uni prônaient l'annexion de la Sarre à la France (au sujet des "alliés" des Allemands, à la fin des années 1980 ces mêmes pays s'opposaient à l'unification et au renforcement de l'Allemagne). En 1955, la Sarre est forcée à organiser un référendum, mais 65% des habitants votent contre l'adhésion à la France. Un autre référendum a révélé que la majorité préférerait adhérer à la RFA.

Et seulement le 1er janvier 1957, après un débat public enflammé, la Sarre est rattachée à l'Allemagne de l'Ouest. De toute évidence, rien ne pressait. D'ailleurs, les Français n'y ont pas abandonné leurs biens, comme l'Union soviétique en RDA, et ont forcé les Allemands à signer une liste d'exigences allant jusqu'à l'engagement d'enseigner le français comme première langue vivante (c'est encore le cas aujourd'hui).

Qui est qui aujourd'hui en Allemagne

Lothar de Maizière, dernier premier ministre de la RDA, était en 1990 à la tête des chrétiens démocrates d'Allemagne de l'Est. Le Parti social-démocrate de la RDA était dirigé par Ibrahim Böhme. Ces individus ont, de fait, mis en œuvre la réunification des deux Allemagnes.

Mais les véritables auteurs de la "réunification" ne l'ont pas apprécié. En octobre 1990, peu de temps avant la disparition de la RDA, Joachim Gauck est nommé commissaire fédéral pour les archives de la Stasi. Les médias ont immédiatement commencé à diffuser des informations discréditant de Maizière, Böhme et d'autres sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates d'Allemagne de l'Est – soi-disant tous des anciens "agents de la RDA".

Cette manipulation a poussé Lothar de Maizière et Böhme à la démission. Le leader du Renouveau démocratique Wolfgang Schnur a suivi leur exemple. Au même moment, on a propulsé Angela Merkel - surnommée d'ailleurs "petite fille de Köhl" - qui a fait fusionner ce parti avec la CDU d'Allemagne de l'Ouest.

Plus tard, elle participera à l'évincement et à la discréditation du principal auteur de l'Allemagne unie. Aujourd'hui, elle est chancelière et alliée des USA.

La divulgation des informations compromettantes contre de Maizière, Böhme et Schnur n'aurait pas été possible sans que le ministre de l'Intérieur de la RFA Wolfgang Schäuble soit au courant. Aujourd'hui, il est ministre des Finances et a de l'influence sur la formation des budgets nationaux de tous les pays de l'UE. Gauck est président.

En entendant leurs déclarations russophobes, on commence à se demander s'ils n'ont pas pour mission de surveiller Merkel, qui n'est pas toujours prévisible. Auraient-ils aujourd'hui pour objectif de dévoiler des "informations compromettantes nécessaires" si Washington se mettait à douter de sa loyauté?

Cette Allemagne a été créée sous les slogans de l'unité de la nation allemande, le triomphe des "valeurs européennes" après la chute du Mur. Est-elle devenue plus libre, meilleure, plus belle? Les scandales qui bouleversent la société allemande ces derniers temps font douter de la réponse à cette question.

Pendant sa brillante intervention au Bundestag en juin 2014, la députée de Die Linke Sahra Wagenknecht a cité l'historien et sociologue Emmanuel Todd: "Inconsciemment les Allemands occupent à nouveau un trône qui mène à une catastrophe pour les autres Européens, et un jour pour eux-mêmes".

En commençant la construction d'une "société heureuse" sur la duperie de sa propre population et la fraude, tôt ou tard on se perd dans les labyrinthes de sa propre dualité - avant de tout perdre complètement.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents